
Vous voici emportés par un souffle glacé,
Dans l’entrée du Manoir où brûle un candélabre ;
Cela sent l’âcre odeur des lieux qui se délabrent :
Le moisi, la poussière et les siècles passés...
Soudain, d’abominables petits craquements
Se font entendre, au loin, sur le parquet de chêne...
Un grincement de porte ; un cliquetis de chaînes ;
Un envol de hibou et des bruits d’ossements...
C’est notre esprit frappeur, triste et calamiteux,
Revenant maladroit, fantôme dépressif ;
Ne lui en veuillez pas s’il devient agressif :
C’est qu’après tant d’années, il est un peu gâteux...
Il apparait parfois dans un vieille armure,
Parfois sous un grand drap qui le fait trébucher..
Il dit en bégayant qu’il viendra vous chercher,
Puis se volatilise en traversant le mur !
Ecoutez-le pleurer, là-haut, dans son grenier,
Pauvre spectre incompris, raillé par les humains,
Ermite solitaire au teint de parchemin,
Qui a peur de son ombre et peur des araignées !
De Yann Walcker.
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